Mythe : Agwe et La Sirène

Publié le par Cyprius

Agwe est le loa de la mer et surtout des bateaux qui la sillonnent (et donc des marins) : son symbole majeur est Immamou. On l'invoque communément sous le nom de "Coquille de mer", "Anguille" ou "Tétard l'étang" et ses emblèmes sont nombreux : bateaux en miniature, avirons peints en bleu ou en vert, coquilles, madrépores, petits poissons en métal, et comme Poséidon, le trident. Le blanc est sa couleur symbolique et il est souvent dépeint sous l'apparence d'un mulâtre au teint très clair et aux yeux verts, portant un uniforme d'officier de marine, des gants blancs et un casque. Le loa aime particulièrement le bruit du canon et on dit que les salves qui saluent l'arrivée des bateaux de guerre en rade de Port-au-Prince sont tirés en son honneur. Agwe affectionne toutes sortes d'offrandes et surtout le champagne.


On rend hommage à Agwe sur les côtes ou au bord d'un étang ou d'une rivière en portant un bateau miniature en procession. Voici comment Alfred Métraux dans Le Vaudou haïtien décrit un de ces rituels : "À Port-au-Prince, la confrérie qui veut offrir un grand service à Agwe loue un voilier et s'embarque à destination des Trois Islets, récifs célèbres situés à quelques kilomètres du rivage. Le bateau est pavoisé de banderoles, les drapeaux du houmfo claquent au vent, les tambours battent et les hounsi dansent tant bien que mal sur le pont ou dans la cale. Quand le bateau parvient à hauteur des Islets, on jette à la mer un ou plusieurs moutons blancs et enfin la barque, sur laquelle on a attaché des poules blanches. Après avoir fait quelques libations, on s'éloigne le plus rapidement possible sans regarder en arrière par crainte d'offenser le dieu lorsqu'il sort de l'eau pour absorber les nourritures qui lui sont offertes. Au moment où le sacrifice est consommé, il se produit généralement de nombreuses possessions [...]. L'équipage doit veiller à ce que ceux qui sont saisis par des loas marins ne cèdent pas à leur nature, en sautant par-dessus bord, pour plonger dans la mer. [...] Les offrandes à Agwe peuvent aussi être entassées sur un petit bateau que le courant est chargé d'emporter aux Trois Islets. Si le flot le ramène au rivage, c'est signe qu'Agwe refuse le sacrifice et qu'il faut l'apaiser par un autre service."

Dans Demigod, Agwe possède un palais sous-marin situé très profond sous la Faille des Caïmans, entre Cuba et la Jamaïque. Son palais n'est accessible qu'après avoir traversé un véritable labyrinthe de coraux et est censé contenir la plus grande cartothèque du monde, jalousement gardé par un esprit gardien qui prend possession de quiconque vient chercher des cartes par pure avidité.

La Sirène est un autre loa de la mer, et parfois considérée comme une des femmes d'Agwe. Elle est représentée sous les traits d'une sirène européenne classique (c'est-à-dire mi-femme mi-poisson) et on dit que les femmes qu'elle possède se mettent à parler un français pédant, deviennent fort coquettes et soucieuses de leur toilette.

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